10k Jules Verne Amiens Arrivée

Préparation générale : du kilomètre, du dénivelé, des idées débiles et surtout du plaisir

Avant de commencer à aborder des aspects plus factuels et techniques, je tiens d’ors et déjà à répéter que je ne suis pas coach, entraîneur, gourou, ou je ne sais quoi. Ce que je dis, ce que je fais, n’engage que moi. Je me base sur mes connaissances, mon expériences, mes ressentis, pour planifier et faire des choses qui me sont propres, et qui ne sont pas nécessairement adaptées à tous. Si j’ai bien un conseil à vous donner donc : ici, comme dans toute publication, plan ou conseil qu’on pourra vous donner, le principal est d’écouter (ou de lire) mais de garder un œil critique et averti, ne rien reproduire sans se questionner. Et puis vu mon niveau de débilité, je vous déconseille de faire tout comme moi.

Au moment où je reprends le sport et me relance, nous sommes fin avril, 7 mois avant La Rochelle. Je suis large donc. Pourtant, je sais déjà que je dois avoir l’objectif dans le viseur. La plupart des coureurs, quand ils préparent un marathon, pensent qu’il suffit de se faire une préparation entre 8 et 12 semaines pour être prêt le jour J, laissant de côté le foncier et notamment les sorties longues le reste de l’année. Je suis plutôt en désaccord là-dessus. Mon expérience m’a appris que le corps avait besoin de beaucoup de temps pour assimiler et évoluer correctement, qu’il y avait une prime à l’expérience. Plus vous travaillerez un aspect sur le long-terme, plus le corps sera capable de réaliser cet effort « facilement ».

Pour moi, c’était décidé. Puisqu’une préparation rondement menée de 9 semaines n’avait pas suffi, il fallait donc que je fasse quelque chose de beaucoup plus long. 6 mois, ça passe ?

Oui, 6 mois. C’était bien le moins. Quelques mois de préparation générale pour travailler le foncier, le volume sur différents terrains et aspects avant de me lancer dans la préparation spécifique marathon à proprement parler. Et au final c’est ce que j’ai fait, en profitant de ces quelques mois pour relancer progressivement la machine, m’entrainer plus librement et sans la contrainte d’un plan codifié, me tester sur différentes distances et efforts.

10k Adidas 2019

Courir et se tester

La période s’étalant de fin avril à fin août a donc été assez peu orthodoxe. L’idée était de faire du volume, m’entrainer beaucoup, mais librement, sans contrainte, sans m’imposer les choses. Bref, surtout me faire plaisir, faire des séances qui me plaisent et me font du bien. La préparation marathon serait certainement bien assez longue et pénible ensuite, quitte à faire des kilomètres autant le faire dans la bonne humeur.

Une autre idée phare était également d’utiliser ce temps pour me tester, constamment. Je suis convaincu qu’une bonne connaissance de son corps, son ressenti, ses forces, ses faiblesses et ses limites, est primordiale quand on se lance dans ce genre d’aventure. Une telle connaissance est très utile pour planifier l’entrainement, le moduler et le faire évoluer, éviter les blessures, savoir quand augmenter ou diminuer les charges,… Je notais donc comment je me sentais et comment je récupérais après chaque effort particulièrement long et / ou intense.

J’ai donc commencé par reprendre tranquillement la course. Puis enchaîné par une grande randonnée à vélo tout le long de la côte atlantique sur la Vélodyssée  (9 jours, 56h06, 1061,42 kms). Une belle idée avec au compteur une seule séance de vélo de reprise juste avant. Les cuissots n’ont pas eu d’autre choix que de se mettre au travail forcé ! Mais une belle manière de relancer le compteur au volume et de remettre le cardio et les jambes dans la course.

Le mois de juin m’a ensuite permis d’aller refaire davantage de running, et notamment d’épingler de nouveau quelques dossards, avec notamment : le 10k Jules Vernes à Amiens, le 10k Adidas (RP en 36’26) et l’Oxy’Trail 23 kms.

10k Jules Verne Amiens

Avant un été davantage chargé en kilomètres et en dénivelé, avec une montée en charge toujours plus grande pour accumuler du foncier et faire s’adapter le corps dans la douceur. Ces quelques mois ensoleillés m’ont par ailleurs permis de me challenger et me tester sur de beaux événements, ou sur ce que j’appelais des « idées à la con », pour leur concept paraît-il particulièrement débile vu de l’extérieur :

  • Courir un marathon dans la journée : 1 séance matin, midi, soir. Improvisé dans le courant de la journée comme les choses venaient, on a de la suite dans les idées.
  • Randonnée vélo Montreuil-Amiens (152,6 kms), là encore improvisé la veille (il faisait beau et ça me faisait économiser un billet de train)
  • Des sorties longues allure marathon comme ça juste pour le plaisir sans avoir de course à venir. Pour la beauté du geste.
  • Ultra Boucle des Buttes Chaumont. Ou comment aller faire 8 fois la même boucle dans les Buttes Chaumont un mercredi soir, en pleine canicule. Soit un total de 37,2 kms et 1300m de D+ entre potes, encore une belle idée de têtes brulées (par le soleil).
  • Une étape du Tour France de Rambouillet à Paris avec le peloton des coureurs « Donnons des ailes au vélo»
  • Aller au boulot en courant à jeun, 26 kms sur les bords de Marne de bon matin. A la tête des collègues quand ils m’ont vu arriver.
  • Tour de Paris par les Boulevards des Maréchaux, 34 kms pour occuper un 15 août par un magnifique run alliant sport, tourisme et histoire.
  • Défi « Quais et Ponts de Paris », pour un 40 kms réussi en plein Paris un mercredi soir après le boulot.

Ce genre de séances un peu « folles » paraît-il m’a permis d’aller faire des kilomètres de façon ludique, de tester mon corps et ma récupération, et surtout d’aller me faire des défis plutôt « fun » durant lesquels j’ai pris énormément de plaisir. Et ça, c’est quand même et avant tout le plus important !

Cette période de préparation générale s’est donc soldé par un nombre de kilomètres assez impressionnant au compteur :

0
kilomètres
0
h et 7 minutes
0
m de dénivelé

Surtout, j’ai pu terminer l’été de manière somptueuse avec un défi magnifique : l’OCC, la « petite » course de l’UTMB (56 kms, 3500m D+), bouclé en 7’26’’08 et sur un magnifique classement de 135e sur 1605. Un kiff absolu au milieu des montagnes et qui venait sanctionner une belle préparation dénivelé durant l’été (merci les séances au circuit des 25 Bosses et les aller-retours dans les escaliers de Montmartre).

Cette course était en réalité mon dernier test, celui qui allait me conforter dans mon idée initiale. 4 jours après la course, je retournais déjà courir comme un cabri, sans la moindre courbature, la moindre fatigue. 4 jours avaient suffi à mon corps pour se réparer d’une course qui pourtant au vu de la distance, du dénivelé et de l’intensité auraient dû m’atteindre plus profondément. Mais non, parce que comme je le pressentais, mon corps étaient dorénavant capable d’encaisser ce genre d’effort sans broncher, de se régénérer en un temps record. J’étais désormais donc certain de pouvoir récupérer rapidement après New York et de pouvoir enchaîner par la suite sur un second marathon grâce aux capacités de récupération développées. Tous les éléments étaient désormais alignés, le dossard pris. Restait maintenant à enchaîner sur la préparation marathon.

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