New York

Entre New York et La Rochelle : Comment enchaîner deux marathons ?

Le marathon de New York passé, il me restait donc désormais à gérer efficacement la période de 3 semaines précédant le marathon de La Rochelle. Avec une problématique, puisque c’était inédit : on fait ça comment ?

Je marchais totalement en terrain inconnu. Mais j’ai choisi de me faire confiance, confiance en mon corps, confiance en mon entraînement, en mes capacités. Les bienfaits de la préparation n’allaient pas s’envoler aussi rapidement. Ce qu’il fallait par-dessus tout maintenant, c’était bien récupérer du marathon que j’avais dans les jambes, pour m’élancer totalement frais et dispo le jour J.

J’ai eu quelques courbatures après New York, notamment une douleur au quadriceps gauche qui a eu un peu de mal à partir. Mais ça ne m’a pas empêché de retourner courir à peine 4 jours après. Pas de difficultés particulières, les jambes un peu lourdes, mais pas de soucis à enquiller 15 kilomètres en reprise. En vacances aux US pour 2 semaines, c’était une belle manière d’aller visiter Central Park également. Le problème, voyez-vous, c’est que comme on dit, chassez le naturel il revient au galop. Dès que je voyais une pente je me disais « Mais ça a l’air sympa ça, allez je vais par-là ». Irrécupérable.

Surtout, moins d’une semaine après New York, j’étais à nouveau capable d’aller me faire des bonnes pointes de vitesse, avec des kilomètres en allure à 3’45 au kilomètre, et une séance à 3’48 de moyenne sur 13 kms. On dira que c’est le froid canadien qui me donnait des ailes (ressenti à -9° quand même, ça piquait un peu).

Je crois que c’est d’ailleurs à ce moment-là, durant cette séance à J+6 du marathon de New York, que j’ai acquis la certitude que ça allait le faire, que j’allais passer sous les 2h45. Récupérer aussi rapidement du marathon relevait de l’exploit. Si j’étais capable de cela, je ne voyais pas ce qui pouvait m’arrêter.

Et je dois avouer que cette certitude ne m’a jamais quitté, et m’a grandement aidé durant le temps qui me restait avant La Rochelle. J’aurais pu être inquiet, de savoir si j’allais suffisamment récupérer, de si je n’allais pas souffrir de mon sous-entraînement durant ces 3 semaines. Sur le papier, théoriquement, je savais bien que je n’avais aucune chance. Oui, sauf qu’au fond de moi, j’avais cette certitude. Il ne pouvait pas en être autrement. Il n’y avait rien de rationnel dans tout cela, mais j’avais confiance en moi, je me voyais déjà franchir la ligne sous l’objectif, même si je pensais que ça se jouerait sur le fil.

Un autre aspect qui a beaucoup joué, c’est l’impression d’avoir encore progressé avec le marathon de New York. En soit, je l’avais couru en sous-régime, et ce n’avait été au final qu’une grande sortie longue. Je pense que cela a permis à mon corps d’encore évoluer. Durant ces 3 semaines, je courrais avec une facilité et une vitesse qui m’impressionnaient à chaque fois. Je devais me ralentir pour que la machine ne s’emballe pas et pour éviter de me fatiguer inutilement. C’était une impression assez magique qui venait encore davantage renforcer mes certitudes.

J’ai donc fait essentiellement des footings, en limitant le nombre de séances, et surtout en essayant de me freiner. Cela ne m’a toutefois pas empêché d’aller me lancer sur un petit défi supplémentaire en me faisant les 5 ponts de l’East River à New York lors d’une nouvelle sortie longue, pour un total de 24 kms, sur une moyenne de 3’55 minutes au kilomètre, au feeling, sans forcer. Et ce n’est qu’une fois fini que je me suis dit : « ah mais en fait je n’ai toujours rien mangé depuis que je suis levé ». Oupsie.

Feeling avant le grand jour

Comme je l’ai dit, j’avais confiance en moi avant de m’élancer sur mon grand défi.  Malgré pas mal de choses qui théoriquement auraient dû jouer contre moi. Je savais que j’étais prêt, que j’avais fait ce qu’il fallait, qu’il ne me restait plus qu’à dérouler. Comme pour New York, je n’ai pas ressenti le moindre stress, la moindre appréhension, avant de prendre le départ. J’étais serein, concentré, sûr de moi. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment. Mais c’est appréciable de prendre le départ de telles courses sans se ronger les ongles.

Tout était contre moi, personne ne me croyait capable de le faire. Je n’avais mis au courant de ma tentative quasiment personne, car je savais que tout le monde m’aurait dit que c’était une folie, débile, voué à l’échec. Ma famille savait, mais était plus que sceptique. Je ne l’ai annoncé sur les réseaux que la veille au soir, et comme je m’y attendais je n’ai pas reçu de message d’encouragement avant la course. Tout le monde devait s’attendre à ce que j’y aille à la cool, ou du moins que je ne fasse pas un chrono extraordinaire. Je peux les comprendre. Moi-même, si je n’avais pas été moi le coureur en question, je ne suis pas sûr que j’y aurais cru.

La suite m’a donné raison. Un chrono extraordinaire de 2h43. Un rêve atteint. Un objectif explosé. Des étoiles dans les yeux. Une revanche sur la vie, sur l’échec, sur la fatalité. Un message d’espoir. Parce que quand on veut, quand on s’en donne les moyens, quand on se bat sans relâche, on peut.

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