Trail des Forts de Besançon - Quais

Bilan de l’année 2020 : pandémie et défis cons, borner malgré tout

Le traditionnel bilan de fin d’année. Incontournable depuis le lancement du blog. Pourtant cette année j’ai franchement hésité à le faire. Parce que bon, 2020… Evacuons le sujet tout de suite, ça a été une grosse année de merde. Pour tout le monde. Voilà, au moins c’est dit, c’est fait. Fucking pandémie.

Maintenant, si on va au-delà de cela, il y a quand même des choses à dire sur cette année. Mauvaises bien sûr, on ne va pas se le cacher, mais bonnes également. Alors, si cette année n’a pas été aussi folle qu’espérée, aussi incroyable qu’attendue, elle vaut bien la peine de s’y attarder un peu quand même.

Un début d’année en montagnes russes

Une année qui avait pourtant commencé sur les chapeaux de roues. Des gros volumes d’entrainement, de la motivation, de l’envie d’aller démolir des records, de se faire mal sur la piste. L’année semblait bien lancée. Un entrainement adapté pour préparer un 10k et un semi (enfin !), et du travail qui paie, avec une belle course sur le 10k de Vincennes. Un RP en 34’03, avec une très belle amélioration par rapport à l’année précédente. Un peu gâché néanmoins par les erreurs de mesure du parcours, puisque l’avalanche de records du jour était pour beaucoup due à… un parcours trop court. Ça aide. Cela dit, en extrapolant à partir de la distance manquante, cela me donnerait un chrono à 34’30 à peu près. Soit malgré tout 2 minutes gagnées en 1 an, et mieux que l’objectif fixé à 35 minutes. 

Cette belle lancée a malheureusement ensuite été cassée net par une foutue pandémie mondiale qui a mis fin aux espoirs de record sur semi-marathon… quelles heures avant la course. Terrible désillusion après tant de temps passé à l’entrainement, et des sensations qui laissaient présager du très bon. Et pourtant, nous ne nous doutions pas que ce n’était que le début de la fin.

A partir de là, la réalité que chacun a connu tout au long de cette année désastreuse : le(s) confinement(s), les annulations de course, la fin des objectifs, le désentrainement… Triste année pour courir.

Côté courses, les dossards se sont faits rares, voire inexistants. Souvent par ailleurs des courses virtuelles ou organisées en « off » de manière non officielle et « artisanale ». Côté entrainement, les différentes contraintes au fil des mesures sanitaires, ainsi que l’absence d’objectifs, ont eu raison des plans d’entrainement et des semaines structurées.

De mon côté, j’ai tout d’abord coupé brutalement la course au début du premier confinement. La situation sanitaire était tellement catastrophique et incertaine qu’on ne connaissait malheureusement pas les risques de continuer à pratiquer une activité physique en extérieur. A l’heure où l’hypothèse d’une contamination par une simple gouttelette de sueur ne semblait pas extravagante, je ne souhaitais pas rajouter à la situation et mettre en danger autrui par mes envies somme toutes égoïstes de mettre baskets aux pieds.  D’où un mois de coupure de la course. A tourner en rond dans mon appartement, à ronger mon frein et essayer de limiter le désentrainement par une boulimie de renforcement musculaire et de home trainer. 

Home Trainer

J’ai toutefois fini par reprendre au bout d’un mois, pétant légèrement un câble dans mes 25 m² esseulé, à tenter des défis improbables de montées de marches. Les connaissances médicales un peu plus étayées semblaient être un peu moins catégoriques contre les coureurs « lépreux contaminateurs ». Par sécurité, à moi tout de même les tours de quartiers rue par rue à 6h30 pour éviter les foules.

Garder la motivation, et le plaisir

A partir de là et du déconfinement, il a fallu trouver comment s’adapter sur un temps long à l’absence de perspectives et a priori de courses avant un bon moment. Comment continuer à garder un bon niveau, sans pour autant craquer mentalement et tout lâcher au cours de cette longue attente avant de pouvoir remettre des dossards comme avant ? Trouver la motivation en soi pour continuer à faire des kilomètres, à aller faire de temps en temps de belles séances, mais sans pour autant trop se forcer. Limiter le désentrainement, trouver un équilibre, sans en faire trop ou pas assez, et surtout faire les choses pour se faire plaisir avant tout, pour garder le sourire tout au long de ces prochains mois.

J’ai pris le parti donc de garder un kilométrage hebdomadaire relativement élevé, mais avec des fluctuations selon les semaines, en variant les parcours, les allures, les envies. Surtout de garder des sorties longues assez fréquemment. D’abord parce que c’est ce que je préfère et où je m’amuse le plus. Ensuite parce que ce sont les séances qui, pour moi, font le plus progresser et permettent de garder un bon niveau. Enfin, parce que dans une logique de s’entrainer sur du très long-terme pour revenir sur marathon et pour des trails, c’est ce qui paie le plus.

Autre parti pris : me trouver des défis personnels, hors course, pour continuer à me challenger et me projeter sur des objectifs concrets. Des défis totalement cons souvent, mais qui me paraissent intéressants, sympas à réaliser, et facteurs de progression pour la suite. Quitte à attendre un moment de retourner suer ensemble dans un sas, autant se faire plaisir comme on peut.

Alors quel bilan de cet après confinement ?

Tout d’abord, des défis individuels et collectifs très sympas et qui ont permis de garder la motivation et l’envie intacts :

  • De longues balades à vélo toute la journée, comme Paris-Amiens (150 kms) ou Paris-Chartres (210 kms). En plus c’est moins cher et plus écolo que le train.
  • Une journée « choc » pour aller au parcours des 25 bosses en vélo, faire le parcours, puis revenir en vélo. Bilan : 143,5 kms de vélo, 20 kms de trail, et 10 heures de sport en cumulé. Option une main en moins. On ne peut pas tout avoir dans la vie.
  • Un marathon en sortie de confinement dans les rues de Paris, juste pour le plaisir d’aller se balader et de profiter de Paris vide
  • The Speed Project, un projet complètement fou de 31h15 de relai par équipe. L’un des trucs les plus fous que j’ai fait, mais tellement bon de retrouver les ambiances de groupe.
  • Faire un aller-retour maison-boulot en courant dans la journée, soit 53 bornes dans les pattes. La faute aux gens qui lancent des défis saugrenus aussi. On est jamais à l’abri que je les prenne au pied de la lettre.
  • Refaire un marathon en moins de 3h. Le seul qui se soit malheureusement soldé par un échec, la faute à des douleurs musculaires qui ne veulent pas se confiner. Jusqu’à la prochaine tentative ? 
Musée du Louvres

Tout ça accompagné de… quelques dossards malgré tout. Tout d’abord le Trail des Forts de Besançon, qui a permis d’enfin retourner vivre une ambiance de course après une longue attente. Ensuite quelques courses non-officielles / virtuelles :

  • Un 5 kilomètres avec Adidas Runners Bastille fait à l’économie une semaine après le TSP
  • Un 10 kilomètres en 36’49 organisé par les Zoom Volt Runners, là encore fait en sous-régime pour faute de corps récalcitrant
  • Et enfin un 10 kilomètres sur piste dans le cadre de l’Ekiden Asics, en 35’45, cette fois-ci enfin en pleine possession de mes moyens. De quoi se rassurer sur les capacités du moment.

Avec malgré tout, et malheureusement, quelques pépins physiques qui sont venus rythmer les derniers mois de l’année, et m’empêcher de réaliser pleinement mes envies. Une contracture au mollet gauche, survenue juste après le TSP, que j’ai mis 2 mois à évacuer, et des douleurs côté droit, à force de compenser sur le coté non blessé et d’accumuler de la fatigue. Joies et désillusions de la vie de sportif.

Des difficultés qui sont aussi la conséquence de cette absence de courses et d’horizons sur lesquels se projeter. En effet, d’un entraînement structuré en 2019, pour préparer des courses, je suis passé à des séances au jour le jour, sans plan, sans calendrier (la plupart du temps), sans allures à respecter. Et sans respect des règles de récupération également. A force d’accumuler les sorties à la même allure, sans moduler les efforts, sans me forcer à restreindre ma foulée, à uniquement penser à mes envies du jour et à une vitesse éphémère, le corps a certainement parfois un peu souffert de cette organisation quelque peu chaotique. A privilégier le plaisir, il en est parfois compliqué de penser à l’effort au long-terme et à ses conséquences corporelles.

A noter, un bilan kilométrique plutôt très satisfaisant, malgré une année en dents de scies, et sans préparation marathon pour venir gonfler les chiffres cette fois-ci. En dépit d’un mois entier sans courir, et de pas mal d’arrêts pour blessure, je finis l’année à :

0
kms en course à pied en 256h (contre 3473 kms en 260h l'année dernière)

Surtout, en vélo le bilan est nettement plus important. La faute à des heures et des heures de home trainer pendant ces deux confinements, qui pèsent nettement dans la balance.

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kms en vélo en 155h (contre 2075 kms en 105h l'année dernière)

Que retenir de cette année ?

Tout d’abord, on ne pas se mentir, le niveau a baissé depuis le début de la pandémie. J’étais début mars au sommet de mes capacités, prêt à aller démolir tous mes chronos, capable d’enfiler des semaines d’entrainement à la chaîne sans la moindre douleur ni fatigue. Depuis, les choses ont nettement changé. Il faudra s’entrainer très très dur le moment venu pour revenir à un tel niveau. Peut-être même n’est-il même plus atteignable, après autant de temps en sous-régime. C’est un sport tellement ingrat, tellement incompréhensible aussi parfois dans les résultats, qu’il est difficile d’estimer si les performances d’hier pourront de nouveau être atteintes demain.

Au-delà de cette incertitude, je suis néanmoins très content d’avoir gardé un niveau malgré tout loin d’être catastrophique. Bien sûr, j’ai perdu en cardio et en vitesse, la faute à de nombreux mois sans la moindre pointe de vitesse. J’ai perdu en qualité de foulée, en endurance à haute allure, en vitesse de récupération. Mais il n’en reste pas moins de beaux restes, encore une bonne capacité à encaisser les kilomètres et les charges d’entrainement. Bien sûr, niveau musculaire, les choses laissent à désirer ces derniers temps. Mais je n’ai pas de doutes sur ma capacité à surmonter ces petits déséquilibres et à retrouver une meilleure aisance dans l’effort. Surtout, les performances de ces dernières semaines laissent tout de même envisager de belles choses quand il me sera possible de revenir à 100% musculairement.

Surtout, en continuant à m’entraîner régulièrement et à des allures plutôt bonnes, des allures de « footing » que j’avais atteintes uniquement en fin d’année dernière se sont maintenues tout au long de l’année, pour en faire un standard de mes sorties. Les sorties longues à répétition ont également habitué mon corps à tenir des efforts à allure modérée pendant longtemps sans le moindre souci. Ce qui finira par être un avantage sur le long-terme, j’en suis certain. Le revers de la médaille étant, malheureusement, ces douleurs qui me pourrissent la vie ces derniers temps. 

 

Trail des Forts de Besançon - Arrivée en duo

Enfin, et je trouve que c’est là le plus important de cette année, j’ai gardé la motivation toute l’année malgré l’absence de courses et d’objectifs de chronos. Ce qui n’était pas franchement évident. Même si je cours avant tout parce que j’aime ça, c’est facile de se lasser d’accumuler 4/5/6 sorties par semaine, à 95% du temps seul (merci les confinements), avec des volumes très conséquents, et des parcours nécessairement un peu répétitifs. Mais au final, en variant les défis, les envies, en prenant les semaines les unes après les autres, en me forçant aussi parfois (on ne va pas se le cacher), j’ai réussi à maintenir un volume et des allures moyennes à la hauteur de ce que je pouvais espérer. Et ça reste la plus belle des réussites de cette année d’aller, encore et encore, trouver l’envie de bouger de mon canapé, me lever tôt le matin, faire des journées entières d’effort, juste parce que j’ai trouvé en moi les ressources nécessaires pour ne pas céder à la flemme, et été cherché le plaisir là où je pouvais le trouver.

Et pour 2021 ?

Pour 2021, on va essayer déjà de continuer à prendre du plaisir, à faire toujours pas mal de kilomètres malgré des courses qui paraissent encore éloignées, à continuer de gambader dans les bois et sur le bitume, à rouler ailleurs que sur le home trainer.

Il va aussi falloir certainement revenir à des semaines un peu plus structurées, un peu plus intelligemment pensées, même si c’est moins drôle, pour essayer d’éviter les petits tracas physiques de ces derniers mois. De la récupération, des étirements, du renforcement. Et pourquoi pas essayer dans le même temps de remettre enfin vraiment de la vitesse, instrument globalement assez délaissé ces derniers temps.

Difficile de se représenter encore exactement ce que sera vraiment cette année 2021 avec une bonne part d’incertitude, surtout pour sa première partie. Mais nul doute qu’il faudra continuer encore un moment de se chercher ses propres défis, de trouver de quoi continuer à rêver un peu et se faire plaisir sur des challenges certes moins conventionnels, mais parfois tout aussi palpitants.

 

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