Biarritz - Plage

Jeudi 30 Mai 2019, Jour 9, Hossegor – Hendaye

Dernier jour de ce périple qui m’aura mené d’un bout à l’autre de la France. Et si c’est le dernier jour, ce n’est pas pour autant que je vais chômer. Il reste encore quantités de choses à voir, de lieux à découvrir, et de kilomètres à borner. Alors, c’est parti pour une journée qui s’annonce encore riche.

De l’utilité du sens de l’orientation

Départ de bon matin, comme tous les jours, pour profiter de la fraicheur de la matinée, et aussi avoir le plus de temps de soleil possible à disposition. Vous comprenez, c’est pour le bronzage. Non, je déconne. Niveau bronzage, on est plutôt pas mal du tout là. En gros, je suis parti blanc, je vais revenir quasiment noir, la peau burinée par le soleil. Pas pris de crème solaire. Ça brûle. Oups.

Je m’aventure aujourd’hui dans une partie assez touristique, avec beaucoup de villes, et donc nettement plus urbanisée. Peu de pistes forestières aujourd’hui, et bien davantage de pistes cyclables en pleine ville. Avec les ennuis de repérage que cela peut causer…

La journée commence bien, puisque j’arrive à me perdre au bout de 2 kilomètres dans Capbreton. Je tourne en rond, pas moyen de trouver le bon chemin. Croyant enfin avoir trouvé le bon axe, je finis à Labenne, petite ville à côté. Mais pas la bonne, je visais plutôt Labenne Océan à quelques encablures moi. J’en suis donc quitte pour quelques kilomètres de plus pour rejoindre enfin le bon tracé. On va y arriver.

Bayonne, ville d’art et d’histoire

Je poursuis ma route, cheminant gaiement vers le prochain point d’étape, la prochaine grosse ville à découvrir : Bayonne. Après quelques péripéties, avoir failli me perdre de nouveau quelques fois, il est temps de franchir l’Adour et d’arriver dans le Pays Basque. Nouvelle partie de la France à explorer et pas des moindres.

Il est 10h, l’heure de faire une bonne petite pause de mi-matinée. D’abord, parce que ça fait un moment que je pédale. Deuxièmement, pour visiter cette belle cité tout de même. Et troisièmement, parce que j’ai faim. Et un homme à l’estomac vide ne peut pas faire grand-chose.

J’ai adoré ma promenade dans la ville bayonnaise. On la connait bien sûr pour ses jambons, mais ce n’était pas le but du voyage. Mais plutôt pour découvrir ses petites rues, ses façades colorées, vivantes, ses bâtiments, ses maisons traditionnelles. Une chouette visite avant de reprendre la route. Avec en prime un dernier petit détour à bicyclette pour aller voir les fameuses arènes. De l’extérieur je précise, je ne suis pas fan de la corrida…

Biarritz, la station balnéaire

La suite du chemin se fait en milieu très urbanisé, puisque les agglomérations de Bayonne, Anglet et Biarritz sont collées les unes aux autres. Cela passera donc par des trottoirs, rond-points, pistes cyclables en pleine ville. Pas le plus agréable, et qui oblige à ronger son frein pour ne pas bousculer les indélicats piétons se promenant sur les pistes.

L’arrivée dans Biarritz se remarque par la beauté époustouflante de ses villas. On comprend aisément qu’on est dans un autre monde, un monde de luxe et d’argent. Les maisons sont splendides, parfois semblables à de petits châteaux juchés sur les hauteurs. La ville en elle-même est magnifique. Des surfeurs (ses) bien sûr, mais aussi son casino, ses domaines, ses vagues, ses plages, son patrimoine. Egalement une vue de carte postale depuis le rocher de la Vierge, avec les grandes plages d’un côté, et la perspective de la villa Belza sur sa pointe rocheuse de l’autre. Un décor de rêve.

Et le pays basque, c’est également… manger. On fait bonne chère ici. En grand gourmand que je suis, il serait bien dommage de ne pas en profiter un peu. Ce n’est pas pour moi, c’est juste pour fournir de l’énergie à mes jambes hein. Un sandwich au jambon de Bayonne, et surtout un bon gâteau basque. Hum, qu’est-ce que c’est bon le beurre quand même.

Même si le décor ne cesse de m’émerveiller, il faut remonter en selle, car le temps passe, et les kilomètres beaucoup moins. Surtout, que pour une fois, il y a vraiment un impératif timing : un train à prendre en fin de journée. Pas le temps de trop chômer donc.

Merveilles de paysages, entre océan et montagne

C’est donc reparti sur les routes du pays Basque, majoritairement le long des axes de circulation. En effet, la Vélodyssée a pu être beaucoup moins facilement aménagée par ici, la côte étant urbanisée de longue date par les différentes cités balnéaires. Cela permet de suivre au plus près l’océan et de profiter de la beauté des paysages, mais pas évident avec les nombreuses voitures circulant.

Difficulté supplémentaire : alors qu’une bonne partie du voyage s’était faite sur des reliefs relativement plats, ce n’est pas le cas ici. Il y a bien davantage de dénivelé dans cette portion de la côte Atlantique, ce que mes cuisses ressentent bien douloureusement. Une dernière journée pas des plus reposantes donc.

Heureusement, pour compenser ces petites difficultés musculaires, il y a la nature et ses merveilles pour les faire oublier. Les cités balnéaires défilent peu à peu au fil des kilomètres, et je ne peux me lasser de ce que j’observe. Les points de vue sont grandioses, splendides, magnifiques, époustouflants. Je suis tombé amoureux de ce coin de paradis, tellement c’est beau. L’océan d’un côté, les Pyrénées qui se profilent au loin. On croit rêver devant de tels paysages.

Bidart, Guéthary, St-Jean-de-Luz, Ciboure, les villes défilent. Et pourtant, les kilomètres passent vite, tant que je suis subjugué par les paysages, l’écume de l’océan sur les récifs, les plages de sable fin, les maisons traditionnelles, les vues splendides. Je prends le temps de me poser un peu au niveau de St-Jean-de-Luz pour profiter davantage du paysage environnant, et la ville de Ciboure semble tellement magnifique.

Dernière étape

Mais tant de beautés laisseraient presque oublier l’heure. Quelques derniers kilomètres à monter et descendre dans les reliefs côtiers du pays basque, et apparaît au loin la fin d’étape : Hendaye. Me sachant presque arrivé au bout du chemin, je fais une dernière petite pause glace sur la plage avant de repartir pour la portion finale. Je m’en mets plein les doigts, mais c’est bon et ça fait du bien.

De retour en selle pour ces 5 derniers kilomètres sur le tour côtier de la ville, au milieu des autres cyclistes et passants. Le rythme est nécessairement ralenti, mais ce n’est pas grave. J’ai encore un peu de temps, et j’arrive désormais au bout du voyage. Je savoure.

Je savoure ces derniers paysages, ces derniers coups de pédale, ces dernières photos à prendre, ces derniers rayons de soleil burinant ma peau, ces derniers points de vue. La vision qu’offre la Baie de Chingoudy est grandiose, laissant admirer les bateaux et bicoques à l’autre bout.

Mais voilà déjà que le voyage s’achève. Après avoir fait le tour de la Baie, j’arrive à la frontière espagnole, bout du bout de ce périple. Puis, un dernier virage, quelques coups de pédale, et c’est la fin devant la gare d’Hendaye.

J’ai mal aux jambes, je suis fatigué, mais heureux d’être allé au bout de cette grande et belle aventure. Ça vaut bien une photo finale. Et surtout d’aller dévaliser la boulangerie en face. Au programme des réjouissances : gâteau basque of course, gâteau aux cerises, bonbons de toutes sortes. Ça en fait des calories dépensées, il faut refaire le plein de sucre. En toutes circonstances, ne pas perdre le nord. 

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